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Scoliose : comment la soigner ?

On entend souvent le terme de scoliose, surtout lorsque l’on a des enfants. Cependant, en réalité nous ne savons pas toujours ce qu’il désigne réellement. Nous savons qu’il s’agit d’un mal de dos, mais quelles en sont ses caractéristiques ? Nous allons justement y répondre à travers cet article. Nous y évoquons également les principales causes et les traitements pour soigner la scoliose.

Le mal de dos est très présent au sein de nos sociétés. Il est même l’une des premières causes d’arrêt de travail dans les pays développés, derrière les TMS (troubles musculosquelettiques). Pourtant, nos conditions de travail se sont nettement améliorées par rapport à celles de nos parents et plus encore par rapport à nos grands-parents.

Mais justement, aujourd’hui la plupart d’entre nous travaillent assis derrière un bureau. Outre le fait qu’il n’est pas bon de rester dans une position statique trop longtemps et trop fréquemment, lorsque nous sommes assis, bien souvent notre posture n’est pas bonne, surtout après plusieurs heures de travail. Nous avons tendance à courber le dos et le cou. Cette mauvaise posture répétée chaque jour pendant plusieurs heures entraîne une usure de notre rachis, découlant sur un mal de dos, ou une cervicalgie.

Cependant, le mal de dos n’est pas toujours causé par une mauvaise posture ou un mauvais mouvement, et c’est ce que nous allons découvrir avec la scoliose.

Définition : qu'est-ce qu'une scoliose ?


medecin scoliose

La première distinction à faire est entre la scoliose et l’attitude scoliotique. La première est considérée comme non réductible, quand la seconde est réversible.

Dans son sens large, une scoliose désigne une déviation du rachis, c’est-à-dire de la colonne vertébrale. Cette déviation a lieu sur trois plans :

Horizontal : déviation vers le haut ou le bas
Frontal : déviation vers la droite ou la gauche
Sagittal : déviation vers l’avant ou l’arrière

De façon plus précise, on parle de scoliose lorsque la déviation se fait selon un angle supérieur ou égal à 10 degrés. Une scoliose non réductible signifie que l’on ne peut pas corriger la déformation, mais par contre il est toujours possible de stopper l’évolution.

L’attitude scoliotique est une déviation de la colonne vertébrale qui est réductible, c’est-à-dire que le médecin peut diminuer la déviation. Elle ne touche pas l’ensemble des trois plans.

La scoliose et l’attitude scoliotique peuvent toucher différentes zones de la colonne vertébrale. Cette dernière étant divisée en 4 grandes zones :

Cervicale : cou
Thoracique : à l’arrière de la cage thoracique
Lombaire : bas du dos
Pelvienne : le sacrum au niveau du bassin

On distingue 4 formes principales de scoliose : thoracique ou dorsale, thoraco-lombaire ou dorso-lombaire, lombaire, et double.

Symptômes de la scoliose

La scoliose survient le plus souvent à l’adolescence. Elle n’entraîne pas forcément de douleur. D’ailleurs, la scoliose est souvent asymptomatique. Néanmoins, dans certains cas la scoliose peut s’accompagner de douleurs dorsales, le plus souvent au niveau des lombaires, c’est-à-dire dans le bas du dos. Ces douleurs sont souvent d’origine musculaire ou osseuse.

La scoliose s’observe surtout par la forme du dos lorsque l’individu est debout, penché et assis. L’axe du dos est alors tordu. Elle se remarque notamment par la présence d’une gibbosité. Il s’agit d’une déformation du thorax prenant la forme d’une bosse. La gibbosité s’observe plus facilement lorsque l’individu se penche en avant le dos à l’horizontale.

Dans ce cas, il est possible d’observer une bosse sur la partie droite ou gauche du dos, qui correspond à une surélévation de la cage thoracique. Un dépistage systématique est normalement fait chez les enfants et chez les adolescents pour vérifier si l’individu souffre ou non d’une scoliose.

Une radiographie, un scanner ou une IRM permet de déterminer la présence ou non d’une scoliose. Auquel cas, la colonne vertébrale prend une forme sinueuse en forme de S ou de C.

Diagnostic

Comme nous venons de le souligner, le diagnostic de la scoliose se réalise au cours d’un examen médical. Le patient doit avoir le dos dénudé pour que le médecin puisse observer sa colonne vertébrale. L’observation est réalisée à travers trois positions :

  • Assis le dos bien droit
  • Debout le dos bien droit
  • Penché en avant le dos à l’horizontale (test d’antéflextion d’Adams)

Normalement, le médecin devrait déceler la présence ou non d’une scoliose ou d’une attitude scoliotique. En règle générale, le médecin recherche avant tout une déformation visible et notamment la présence d’une gibbosité ou d’un bourrelet lombaire. En cas de doute, il pourra exiger un scanner, une radiographie, une IRM, voire une scintigraphie.

Si un cas de scoliose est décelé, des examens complémentaires devront être réalisés pour en déterminer la cause et les éventuels effets secondaires.

scoliose

Pour évaluer le degré de scoliose, l’angle de Cobb doit être mesuré : angle situé entre le plateau supérieur de la vertèbre limite supérieure et le plateau inférieur de la vertèbre limite inférieure. Selon l’importance de l’angle, on distingue :

● La scoliose bénigne : angle inférieur à 20 degrés
● La scoliose moyenne : angle compris entre 20 et 35 degrés
● La scoliose importante : angle compris entre 35 et 60 degrés
● La scoliose très importante : angle supérieur à 60 degrés

Les principales causes de scoliose

La majorité des scolioses touchent les enfants et les adolescents avant la puberté. Les origines de la scoliose peuvent être variées :

● Génétiques
● Dégénératives
● Biomécaniques
● Environnementales

On distingue souvent deux types de causes :

● Congénitale : liée à une malformation vertébrale
● Syndromique : liée à une maladie

Cependant, dans la plupart des cas, aucune cause n’est identifiée. On parle alors de scoliose idiopathique. Autrement dit, on ne sait pas d’où provient la scoliose.

Il faut savoir qu’en aucun cas la scoliose ne résulte d’une mauvaise posture, comme c’est le cas pour la plupart des autres maux du dos et notamment des lombalgies et des cervicalgies. Par contre, une mauvaise posture peut accentuer la scoliose et engendrer des douleurs dorsales supplémentaires.

Qui sont les personnes à risque ?

Étant donné que dans la plupart des cas de scoliose, la cause n’est pas déterminée, il est difficile de définir un type de personne à risque. Certaines maladies et malformations entraînent un risque de scoliose, mais seule une minorité des individus atteints de scoliose sont concernés.

Par contre, nous savons que la scoliose se développe majoritaire chez les enfants et les adolescents avant la puberté et pendant la croissance pubertaire. La scoliose infantile touche les enfants de moins de 3 ans et reste très rare. La scoliose juvénile concerne les enfants âgés de 3 à 11 ans. La scoliose à l’adolescence débute après au moment de la puberté. Plus la scoliose intervient tard, et plus la déviation a des chances d’être faible. Dans la plupart des cas, la scoliose se stabilise avant l’âge adulte.

Cependant, il existe également des cas de scoliose adulte :

● Lorsque la scoliose apparue dans l’enfance ou l’adolescence continue de se développer.
● Suite à une maladie neuromusculaire ou osseuse.
●Scoliose « novo » issue d’une dégénérescence des vertèbres et de disques intervertébraux liée à l’usure de l’âge. Elle survient chez les personnes âgées.

Étant donné que l’espérance de vie se cesse de croître on observe de plus en plus de scoliose « novo ».

Traitements : comment soigner une scoliose ?

medicaments lombalgie

Il existe différents traitements de la scoliose selon la nature et le degré de déviation. Très souvent, le traitement de base est de type orthopédique. Il repose sur l’utilisation de semelles orthopédiques lors que les membres inférieurs sont de longueur différente, ou par l’usage d’un corset.

Le corset sert à maintenir la colonne vertébrale afin de stopper l’évolution de la scoliose et de veiller à ce qu’elle retrouve une position plus naturelle. Il est fabriqué sur mesure et doit généralement être porté tous les jours, jusqu’à la fin de la croissance. Chez l’adulte, le corset sera porté jusqu’à ce que le rachis ait retrouvé une position normale.

La Kinésithérapie entre aussi dans le processus de guérison de la scoliose. Les séances vont permettre d’améliorer la position de la colonne vertébrale, mais également de la rendre plus mobile et de renforcer les muscles. La kinésithérapie peut aussi servir à travailler la fonction respiratoire quand celle-ci est gênée par la scoliose.

Dans les cas les plus extrêmes, et quand l’orthopédie et la kinésithérapie n’ont pas suffi, une intervention chirurgicale peut être nécessaire. Auquel cas des tiges métalliques vont être placées sur les vertèbres déformées. Cette méthode permet de redresser la colonne vertébrale. Il s’agit d’un traitement en dernier recours, quand les autres méthodes n’ont pas fonctionné.

En cas de douleurs, le médecin peut prescrire des analgésiques.

Prévention de la scoliose : que faire pour diminuer les risques ?

La prévention de la scoliose repose avant tout sur un suivi médical durant l’enfance et l’adolescence, car c’est à ce moment que se déclenchent la plupart des scolioses. Il n’existe pas réellement d’options pour diminuer les risques, car il s’agit avant tout d’une maladie qui n’est pas liée à une mauvaise posture ou à une imprudence. 

Néanmoins, pour ne pas aggraver la situation, une personne souffrant de scoliose doit faire attention à sa posture au quotidien. D’ailleurs, ce conseil vaut pour tout le monde afin de réduire les risques de mal de dos. Veillez toujours à maintenir le dos le plus droit possible lorsque vous êtes debout, assis ou quand vous vous déplacez.

Plus la scoliose est détectée tôt, et plus il sera possible de la corriger. Soulignons que beaucoup de scolioses sont bénignes et ne nécessitent pas de réel traitement hormis quelques séances de kinésithérapie.

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