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Discopathie : Qu'est-ce que c'est ? comment la soigner ?

Le mal de dos touche de plus en plus de personnes à travers le monde. Dans les pays développés, il est même devenu la deuxième cause d’arrêt de travail derrière les TMS (troubles musculosquelettiques). En France, plus de 80 % de la population souffrirait d’un mal de dos au moins une fois dans sa vie. Entre principalement en cause notre façon de travailler.

En effet, nous passons de plus en plus de temps en étant assis derrière un bureau. La position assise n’est pas naturelle pour notre corps et sur le long terme elle peut entraîner des désagréments sur notre physique et plus particulièrement sur notre colonne vertébrale (rachis).

Parmi les différentes formes de rachialgie (douleurs au niveau du rachis) on distingue la discopathie. Il s’agit d’une pathologie touchant les disques intervertébraux. Il existe plusieurs formes de discopathies que nous allons présenter au sein de cet article. Nous revenons également sur les symptômes de cette pathologie et quels sont les traitements pour la soigner.

La discopathie n’est pas la rachialgie la plus fréquente, puisque la lombalgie, la cervicalgie ou la hernie discale sont nettement plus courantes, mais elle est souvent plus grave. De plus, la discopathie peut être à l’origine de l’une des rachialgies que nous venons d’évoquer.

Définition : qu'est-ce qu'une discopathie ?


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Quelques notions en anatomies peuvent être utiles pour comprendre ce qu’est la discopathie. En tant que vertébrés, nous possédons une colonne vertébrale, scientifiquement appelée rachis. Sans elle nous ne pourrions pas bouger puisqu’elle transporte le système nerveux permettant de faire fonctionner les autres membres du corps. D’ailleurs, une blessure grave de la colonne vertébrale entraîne souvent une paralysie.

Le rachis humain possède 24 vertèbres et il est divisé en 5 zones :

  • Cervicale : 7 vertèbres formant le cou
  • Thoracique : 12 vertèbres prolongées par les côtes de la cage thoracique
  • Lombaire : 5 vertèbres situées dans le bas du dos
  • Sacrum : 5 vertèbres qui sont soudées à l’âge adulte pour former un seul bloc osseux appelé sacrum et situé au niveau du bassin
  • Coccyx : 3 à 5 vertèbres soudées formant un os (se prolongeant en queue chez d’autres vertébrés) faisant suite au sacrum et constituant l’extrémité du rachis

Les 24 vertèbres non soudées sont toutes séparées les unes des autres par un disque intervertébral, sauf entre les deux premières vertèbres du rachis et donc des cervicales (C1 et C2). On compte donc 23 disques intervertébraux dont le rôle principal est d’amortir les chocs subis par la colonne vertébrale. Ces disques sont composés d’un anneau cartilagineux comprenant en son centre un noyau gélatineux qui est constitué à 80 % d’eau.

La discopathie est une pathologie touchant un ou plusieurs disques intervertébraux. Elle se caractérise par une détérioration du disque touché. Il s’agit d’une maladie chronique, c’est-à-dire qu’elle se développe progressivement. Selon la zone où elle intervient, on parle de : discopathie cervicale, discopathie dorsale et discopathie lombaire. Les disques les plus fréquemment touchés sont :
● Celui situé entre la vertèbre C5 (5e vertèbre des cervicales) et la vertèbre C6 (6e vertèbre des cervicales)
● Celui situé entre la vertèbre L4 (4e vertèbre des lombaires) et la vertèbre L5 (5e vertèbre des lombaires)
● Celui situé entre la vertèbre L5 et le sacrum

Dans la plupart des cas, il s’agit d’une discopathie dégénérative. Cette dernière est la pathologie la plus fréquente au niveau du rachis.

Symptômes de la discopathie

Naturellement notre corps s’use avec le temps et le rachis n’est pas épargné. Ainsi, une fois adulte, plus nous vieillissons et plus notre corps a tendance à se tasser. Le processus s’accélère passé 60 ans. En moyenne, vers 75 ans, la hauteur des disques intervertébraux est divisée par deux. La somme de ces disques représente environ 1/5 de la hauteur du rachis, donc lorsque leur hauteur diminue, cela se ressent sur notre taille. De même, nos mouvements sont plus lents et plus difficiles. Ce processus naturel touche tout le monde sans exception.

Cependant, certaines pathologies peuvent accélérer l’usure des disques intervertébraux et c’est le cas de la discopathie. Lorsqu’elle se déclenche, la personne ne ressent aucun symptôme. Puis au fur et à mesure que le ou les disques touchés se dégradent, certains symptômes vont apparaître :

  • Douleurs au niveau de la zone concernée et similaires à une cervicalgie, une lombalgie ou une dorsalgie. Dans un premier temps les douleurs sont semblables à celle d’une rachialgie chronique, c’est-à-dire qu’elles sont peu intenses. Puis au fur et à mesure du développement de la maladie, des douleurs plus aiguës vont survenir.
  • Diminution de la sensibilité dans les bras ou les jambes, fourmillements, affaiblissement des bras et des jambes. Ces symptômes apparaissent quand un nerf est compressé.
  • Raideurs dans la zone concernée entraînant une mobilité réduite.

Au final, les symptômes sont généralement ceux d’une cervicalgie, d’une dorsalgie ou d’une lombalgie, selon la zone touchée par la discopathie.

Les principales causes de discopathie

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La discopathie est une forme d’arthrose, puisque c’est la partie cartilagineuse du disque intervertébral qui va se détériorer. Les causes peuvent donc être variées selon les personnes :

  • L’âge joue un rôle très important dans la discopathie puisque plus nous vieillissons et plus notre cartilage se durcit et s’amincit. Le noyau, quant à lui, a tendance à se dessécher.
  • Il semblerait que des facteurs génétiques pourraient également avoir un impact sur la discopathie. De même certaines maladies ou certains troubles peuvent favoriser la discopathie : hernies discales trop fréquentes, maladies articulaires…
  • Les personnes en surpoids ont un risque plus élevé de souffrir d’une discopathie, puisque les disques vont plus rapidement s’user sous le poids du haut du corps.
  • La discopathie est aussi liée aux différents microtraumatismes et traumatismes que va subir la colonne vertébrale au cours de notre vie. Qu’ils soient liés à notre activité professionnelle ou à nos loisirs, ces traumatismes vont accélérer l’usure des disques.
  • À l’inverse, le manque d’exercices est aussi l’une des causes. Non seulement nos muscles sont plus faibles et ne soutiennent pas suffisamment le rachis, mais en plus, lorsque nous restons statiques trop longtemps notre circulation sanguine tourne au ralenti, ce qui entraîne une mauvaise irrigation des organes, des tissus et une érosion des disques intervertébraux.
  • L’hygiène de vie influence aussi la santé de notre rachis. Par exemple, la mauvaise alimentation et le tabac favorisent la déshydratation des disques.

Qui sont les personnes à risque ?

Logiquement, les personnes à risques sont celles qui répondent aux facteurs que nous venons de lister ci-dessus. Autrement dit, par les personnes les plus à même de souffrir de discopathie on retrouve :
• Les personnes âgées
• Les personnes présentant des caractéristiques génétiques ou souffrant d’une maladie propice à la discopathie
• Les personnes en surpoids
• Les sportifs pratiquant intensément une discipline sportive mettant à contribution le dos
• Les personnes dont la profession met à contribution le dos : déménageurs, BTP…
• Les personnes dont la profession les oblige à rester statiques pendant de longs moments : bureau, transport…
• Les fumeurs
• Les personnes ayant une mauvaise alimentation

Traitements : comment soulager une lombalgie ?

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Il n’existe aucun traitement permettant de soigner la discopathie. En effet, pour le moment aucune solution n’a été trouvée pour stopper l’usure des disques intervertébraux. Par contre, il existe des traitements permettant de soulager la douleur que peut procurer cette pathologie.

En règle générale, le médecin prescrit des antalgiques ou des anti-inflammatoires selon la nature de la discopathie. Le patient doit également se reposer le temps que la douleur passe et veillez à ne pas forcer sur la zone touchée par la discopathie. Si la douleur est trop forte, une infiltration de corticoïde sera envisagée.

De même, des séances de kinésithérapies se révèlent particulièrement utiles pour soulager les douleurs et développer des exercices permettant de muscler le dos et de faire travailler les articulations de façon optimale. Des solutions comme la thermothérapie, la cryothérapie, la cure thermale ou l’ultrasonothérapie peuvent aussi contribuer à réduire les douleurs.

En cas de surpoids, suivre un régime minceur est également une solution efficace pour réduire les douleurs et ralentir le développement de la maladie.

Si les douleurs sont trop intenses et trop gênantes, une intervention chirurgicale peut être nécessaire : arthroplastie, arthrodèse rachidienne, soudure des vertèbres…

D’autres solutions peuvent être proposées pour réduire la douleur : thermothérapie, ultrasonothérapie, cryothérapie et cure thermale.

Prévention : Comment éviter une discopathie

En matière de discopathie, la prévention consiste essentiellement à éviter les situations à risque évoquées plus haut afin de prendre soin de son dos et de son cou :

  • Faire attention à son alimentation pour ne pas être en surpoids ou en carence
  • Ne pas fumer
  • Bien s’échauffer avant la pratique d’une activité physique
  • Ne pas pratiquer de sport trop intense pour le dos et le cou
  • Toujours faire attention à son dos et s’appuyer sur les jambes lorsqu’on soulève et porte une charge lourde
  • Muscler son dos
  • Bouger régulièrement lorsqu’on a un travail statique : au moins 5 minutes toutes les heures
  • Maintenir le dos le plus droit possible au quotidien
  • Bien soigner les lombalgies, cervicalgies et dorsalgies
  • Investir dans des équipements ergonomiques : bureau, siège, clavier, etc.
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